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LE PRESIDENT DU CONSEIL REGIONAL D'ALSACE
80 ans, quel âge formidable pour
les Pierrots- Vauban, qui ont apporté tant de joies et d'heures inoubliables à
tous les amoureux du ballon rond en Alsace! Grâce surtout à Emile STAHL,
Président d'honneur charismatique, à la convivialité rare et à la force de
caractère exceptionnelle!
Faut-il se rappeler
les 4 glorieuses de 1969 à 1982 où le Club, sous la houlette de Paco Matéo puis
Raymond Kaelbel, alignait entre autres les frères Hausser, Stieber,
Duguépéroux, Zix et plus tard les Jean-Jacques Marx, André Burkhard, Didier Six
et Arsène Wenger, de si grands joueurs alsaciens "capes" sur le plan national
et international!
Dans ce palmarès
éloquent les 10 finales victorieuses de la Coupe 'Alsace de 1967 à 1997 restent
également dans nos mémoires, en particulier contre le RC Strasbourg en 1969 ou
les SR Colmar en 1985...
Quelle constance
dans l'effort et la réussite... !
Au nom du Conseil
Régional d'Alsace je souhaite un chaleureux anniversaire pour les 80 ans de l'
AS Pierrots-Vauban, en félicitant ses éminents dirigeants et en souhaitant
encore longue vie au Club! Avec tous mes remerciements à toutes celles et à
tous ceux, cadres, bénévoles et joueurs qui nous procurent tellement de bonheur
dans un état d'esprit sportif toujours aussi sain et convivial!
Adrien ZELLER

LE PRESIDENT DU CONSEIL GENERAL DU BAS-RHIN
L 'Association Sportive
Pierrots-Vauban fête, au cours de cette saison, son 80ème anniversaire.
Je suis
particulièrement heureux (je m'associer à cette importante manifestation dans
l'histoire d'un club qui occupe une place prépondérante au sein du monde
sportif alsacien.
L 'Association
Sportive Pierrots-Vauban a compté dans ses rangs de nombreux anciens joueurs
professionnels ainsi que des internationaux et a réussi à tenir, de façon
constante, une présence remarquée parmi l'élite du football régional.
Cette longévité
et ce dynamisme n'auraient pas été possibles sans la qualité de l'engagement et
le dévouement des dirigeants. De leur volonté et de leur disponibilité sont nés
l'état d'esprit et la convivialité qui animent cette grande famille qu'est
l'Association Sportive Pierrots-Vauban.
C'est grâce à
eux que le club a pu accéder et se maintenir à un niveau aussi élevé dans la
hiérarchie du football et à faire œuvre exemplaire de formation pour les
jeunes.
Je tiens à
féliciter, au nom du Conseil Général du Bas-Rhin, l'Association Sportive
Pierrots-Vauban, ses joueurs et ses dirigeants, pour cette réussite et pour
leur contribution à l'image du football régional. Je leur souhaite encore de
longues années de succès.
Philippe RICHERT

MESSAGE DE LA VILLE DE STRASBOURG
C'est avec un
grand intérêt mais aussi avec un réel plaisir que nous saluons le
quatre-vingtième anniversaire de l'Association Sportive Pierrots-Vauban.
Quatre-vingts
ans et une forme exemplaire pour un club tourné résolument vers l'avenir.
Peu d'associations
sportives peuvent s'enorgueillir d'un tel palmarès. En
feuilletant le parcours
prestigieux de votre club reviennent les émotions nombreuses qu'il a su faire
vivre à ses supporters et à ses acteurs.
Ce sentiment
profond d'attachement à un club force le respect pour l'ensemble des
dirigeants, cadres et joueurs qui ont participé à cette aventure.
Gagnant ainsi
ses lettres de noblesse, l'AS Pierrots-Vauban occupe aujourd'hui une place
prépondérante dans le monde sportif alsacien.
Ce parcours
exemplaire n'aurait pu se concrétiser sans cet esprit d'équipe qui anime le
club et qui a permis, en s'appuyant sur des outils de travail de qualité, de
développer un véritable projet sportif pour une ambition partagée.
Attribuant tout
autant d'importance à la formation des jeunes qu'au recrutement des joueurs,
les dirigeants préparent ainsi l'avenir du club.
Toutes nos
félicitations à l'AS Pierrots-Vauban à qui nous souhaitons de longues années de
succès.
LE PRESIDENT HONORAIRE DE LA L.A.F.A.
Il n'est pas facile
de trouver les appréciations et les commentaires pour le 80e anniversaire de
l'AS Pierrots-Vauban, si l'on tient compte de la sentence de Vauvenargues: "On
dit peu de choses sensées lorsqu'on cherche à en dire d'extraordinaires."
Si l'on ajoute que
l'AS Pierrots-Vauban fête un double anniversaire en cette année première du
nouveau millénaire, cela ne devient guère plus facile.
Pourtant, il y
aurait tant de choses à dire sur cette extraordinaire histoire du Cercle
Sportif des Pierrots, devenu par la suite l'AS Pierrots-Vauban, et qui ensemble
constituent le club amateur le plus titré du football français!
Tant de choses
aussi sur celui qui fête son 80e anniversaire en même temps que son club et qui
en fut son incarnation durant un demi-siècle: le patron Emile STAHL.
Quand on a connu
des serviteurs aussi prestigieux du football alsacien et des Pierrots-Vauban
que Roby MEYER, Walter SCHWAMBACH, Beppo BREHM, Paco MATEO, Raymond KAELBEL,
Yvon HILS, Hubert HAUSSER et le Président actuel Claude ELSAESSER, pour ne
nommer que quelques-uns, les 40 dirigeants actuels ne pourront que dire
humblement avec Louisa WEISS, celle qu'on a surnommée la grand-mère de
l'Europe: "Méritons de ceux qui nous suivent le culte que nous rendons à ceux
qui nous ont précédés. Toutefois, que le culte de nos anciens ne sclérose pas
notre action et n'occulte pas nos regards tournés vers l'avenir."
C'est ce que je
souhaite simplement à ce grand club atypique de notre football régional. Si le
futur reste digne du passé et du présent de l'AS Pierrots-Vauban, le grand
timonier que fut Emile STAHL, avec son fidèle lieutenant Claude ELSAESSER,
n'aura jamais l'occasion de regretter son investissement exceptionnel pour ce
club dont nous sommes tous fiers, et à qui je souhaite, en même temps qu'à
Emile STAHL, au nom des 80 000 licenciés de la L.A.F.A., un joyeux anniversaire
et "ad multos annos!"
Ernest JACKY

EMILE STAHL :
UN BALLON DE FOOTBALL DANS LE BERCEAU
par Gilbert WAGNER
Lorsque le 9
février 1921, la sage-femme qui vient de mettre au monde Emile Stahl, revient
voir le nouveau-né, elle n'en croit pas ses yeux. Son cœur fait un triple saut
périlleux dans sa poitrine. Dans le berceau, à côté du bébé rose et joufflu, il
y a un ballon de football. Un grand ballon de football, un vrai, en cuir, avec
des lacets. Ce ballon de football autour duquel va tourner toute la vie du
futur mentor des Pierrots. Dès ses premiers pas. Même si, de son enfance, il
n'aime guère en parler. "Mon enfance? Trop moche. Schlèchti Errinnerunge. Ça
fait trop mal." Il n'aime pas évoquer les souvenirs de l'époque où, élevé par
ses grands-parents au 3 rue des Bains à Strasbourg, il use ses fonds de
culottes sur les bancs de l'Ecole de l’Ill proche. Avant d'étudier le droit et
d'entrer, à 16 ans, dans le monde du travail comme saute-ruisseau. Et dans
celui du foot comme minime au CAS qui, clin d'œil de l'histoire, occupe alors
le stade Vauban. Puis, en juin 1937, on le retrouve au Racing dans l'équipe
championne d'Alsace avec les Lergenmuller, Reichard, Strub, Del Fabro, Hiehl,
Gaertner, Wolff, Denger, Albert et Hartmann.
SON DESTIN BASCULE
EN 1942
Junior et évacué en
Dordogne, il joue dans l'Entente Périgueux-Strasbourg, avant de faire un
crochet par Nice où sa tante tient un salon de coiffure. Nous sommes en 1940.
Il se sent bien à l'OGC. Mais, comme beaucoup d'autres réfugiés, il ne tarde
pas à souffrir du mal du pays. Et à revenir en Alsace où son destin va
basculer. En 1942. Au soir d'un match victorieux à Mulhouse. Et d'une
«Marseillaise» entonnée à tue-tête avec ses copains du Racing. Les Allemands,
évidemment, n'apprécient pas.
Incorporé de
force dans la Wehrmacht, II est envoyé en Prusse Orientale. Le front. Et la
captivité à Tambow, le camp de la mort. Lorsqu'il en revient en 1945 avec le
premier convoi, malade, il devra patienter avant de pouvoir taper de nouveau
dans un ballon.
D'abord au FC
Koenigshoffen. Ensuite, en 1950, au CS Pierrots où Charles Lausecker, son père
spirituel, lui fait découvrir une véritable famille, cette ambiance familiale
qui lui a cruellement manqué dans sa jeunesse. C'est le début d'une belle et
longue liaison amoureuse, en tant que capitaine de l'équipe première cinq
années durant, puis en tant que président du comité des fêtes, président de la
section de football en 1958 et plus tard en tant que l'incontournable président
d'honneur. Le patron. Il crée en 1953 l'importante et célèbre agence que
beaucoup essaieront d'imiter sans arriver à l'égaler.
LES MOYENS DE SA
POLITIQUE
Homme d'affaires
avisé, bâtisseur réputé, Emile Stahl décide, en 1962, de mettre pleinement son
talent au service du club et de se donner les moyens de sa politique. Il engage
Paco Matéo comme entraîneur, renforce l'effectif avec quelques bons joueurs à
l'exemple de Hubert Hausser, s'entoure de dirigeants compétents et disponibles
et, en voiture, c'est parti, l'escalade peut commencer.
De la promotion
d'honneur départementale au CFA, le championnat de France des amateurs. Sans
jamais redoubler. Avec, en passant, des éclats en Coupe, sa compétition
préférée. Avec, comme devise, celle des Mousquetaires: "Tous pour un, un pour
tous". Et le souci permanent de construire, non seulement des maisons et des
appartements, mais également des carrières, bien que lui-même ne doive rien à
personne, sa réussite étant essentiellement le fruit du travail. Travail,
sagesse et sens de la gestion. «Quand on a dix francs, on peut en dépenser huit
mais pas onze».
Travail que le
"Babbe", comme l'appellent affectueusement tes plus anciens de ses protégés,
déplore de ne plus pouvoir accomplir à plein temps en raison de certains pépins
de santé qui l'obligent à prendre du recul, oubliant volontairement qu'à quatre
fois vingt ans il a largement dépassé l'âge de la retraite.

Hubert HAUSSER
Par Jean ANDRE
En 1962, Hubert Hausser était
le premier à répondre à l'appel d'Emile Stahl, lancé, à l'époque, depuis la rue
Jacques Kablé, où les Pierrots étaient cantonnés dans les baraquements
provisoires. L'équipe première des Pierrots jouait alors en Promotion d'Honneur
du Bas-Rhin. Hubert y a joué durant quinze saisons avec le succès que l'on
connaît. Aujourd'hui il fait partie de la direction technique du club alors que
professionnellement il est associé avec M. Stahl à la direction d'une grande
agence immobilière. En discutant avec lui, en lui posant quelques questions,
nous avons tenté de suivre les étapes de cette longue carrière exemplaire.
DE LA D1 A LA PROMOTION
Comment Hubert a-t-il entendu
l'appel de la rue Jacques Kablé, lui qui était alors un des grands espoirs du
Racing:
"En fait je devais passer pro
comme Gérard mon frère, mais cela ne s'est pas fait à cause d'une opération à
un genou. J'étais trois mois à l'hôpital Lyautey, sans qu'un seul dirigeant du
Racing vienne prendre de mes nouvelles. C'était déjà un monde bizarre que le
foot pro. Alors Walter Schwambach, que je connaissais bien, est venu me voir le
dernier jour des mutations et m'a parlé des projets de M.Stahl. Paco le seul au
club que je connaissais, serait l'entraîneur des Pierrots alors en Promotion
d'Honneur!"
Drôle de proposition pour un
joueur qui avait le bagage technique d'un joueur de D1. Hubert est allé voir
Emile Stahl et en dix minutes il a décidé de changer le sens de sa vie,
sportive et professionnelle. Il explique:
"C'est le langage et le
challenge que me proposait M. Stahl qui m'ont séduit: le dimanche gagner sur le
terrain et monter une grande équipe et en semaine avoir des résultats au plan
professionnel, où j'étais payé au rendement!"
DES SOUVENIRS POUR L'ETERNITE
La réussite était au bout, parce que
Hubert est un gagneur de par sa nature. Tout est allé très vite, en Promotion
les Pierrots ont remporté le titre avec dix points d'avance. Hubert, comme seul
"promotionnaire" a
connu ses premières sélections d'Alsace ce qui lui a permis de côtoyer les
meilleurs amateurs alsaciens, dont plusieurs sont venus renforcer les Pierrots
qui, sept ans après, ont remporté leur premier titre de champion de France du
CFA contre Bagneux-Fontainebleau-Nemours (3-2), puis un second contre
Montélimar (1-0).
Des souvenirs pour
l'éternité:
"Surtout le premier, dit-il,
nous sommes menés 0-2 à la mi-temps et avons réussi à renverser la
tendance pour gagner 3-2. Le second a été plus chanceux, on n'a pas pu se
libérer, nous n'avons pas joué sur notre valeur et c'est sur un coup-franc
chanceux, rapidement exécuté, que nous avons gagné."
II faut dire que le CFA était
quelque chose à l'époque. Plus fort que le monde pro à cause de la valeur de
ses dirigeants, qui préparaient l'avenir du football français. Hubert parte
même de révolution du football français:
"Avec Emile Stahl nous avons
connu de grands dirigeants, des hommes de qualité comme MM. Burlaz, Patrelle,
Mille, Leulliot, Rigal, Verbeke, Jacques Georges et Fernand Sastre, et bien
d'autres qui allaient diriger et prendre en main les destinées du football
français."
Le foot a ouvert des horizons
nouveaux à Hubert, qui marqueront toute son existence.
L'ORGANISATION STAHL EN
MARCHE
Hubert qui était à la fois le
stratège de cette équipe des Pierrots et le porte-parole du patron, n'oublie
pas que c'est la coupe de France qui a fait connaître le club dans tout
l'hexagone. Ses souvenirs les plus marquants :
"Tout le monde connaît cette
histoire des quatre dimanches où nous avons rencontré la même équipe, Agde,
avant de nous qualifier. C'était une page inédite dans l'histoire de la coupe.
Ensuite il y a eu les matches contre des pros comme Nice, Metz, Bastia où nous
avons frôlé l'exploit. Un énorme regret restera, ce 8e de finale perdu 1-0 à
Colmar, contre le Red Star Paris, alors que nous avions dix fois la victoire au
bout du pied. Comme équipe de DH on aurait rencontré Bordeaux en quart de
finale."
L'organisation Stahl était
déjà en marche. Les Pierrots étaient deux jours et demi au vert aux Trois Epis,
les "pros" du Red Star, sûrs de leur affaire, avaient débarqué du train une
heure avant le match. Cela veut dire aussi que les bons résultats des Pierrots
n'étaient pas dus au hasard.
IL EST PROFONDEMENT JUSTE
Hubert, on s'en doute, a
beaucoup appris de son patron, Emile Stahl, le vrai initiateur de cette
aventure unique des Pierrots et ensuite de l'ASP
"Absolument pas, explique-t-il. Ce n'est pas du
tout péjoratif, mais dans le sens noble du terme. Il n'y a que deux solutions,
comme on connaît son
caractère, ou tu acceptes ou tu pars. Il apprécie les gagneurs, sur le terrain,
mais aussi dans les affaires et... aux cartes. M. Stahl est autoritaire,
exigeant, il voit clair et il est profondément juste."
Un patron qui a ses entrées partout. Quand
le FC Santos est venu jouer à Strasbourg avec Zito et Pelé, la brasserie du
"Romain" était fermée
au public. Une seule autre table était occupée... par les joueurs et dirigeants
des Pierrots ce qui leur a permis de voir Pelé avec la toque du chef Maschinot
à la cuisine. Quel souvenir!
PACO, AMUSEUR DU LIDO
Un chapitre inépuisable pour
Hubert, comme pour tous les Pierrots, c'est Paco Matéo, l'homme enfant, le
clown spontané et naturel, un libéro avant l'heure de la lignée de Franz
Beckenbauer, stoppé trop tôt par une blessure à un genou. Hubert égrène ses
souvenirs:
"Notre amour du ballon il est
né dans la rue au Schlutfeld, près de la Meinau, il y avait là les frères
Stieber et Hausser, Merschel et d'autres, et un animateur génial qui habitait à
côté... Paco Matéo. Un grand copain qui savait déjà créer l'ambiance et qui ne
se comportait jamais comme la star qu'il était alors. Après j'ai fait un long
chemin avec lui. Après la fameuse qualification devant Agde, M. Stahl nous a
invités pour une première au Lido. Dix minutes plus tard, Paco était sur scène
entouré des "blue bell giris " et faisait rire toute la salle. Son rôle de
clown et d'amuseur était inné. Quand en DH on avait dix points d'avance, Paco
avait près de 50 ans, on l'a "obligé" à jouer un match, quelques titulaires
étant (volontairement absents), il a marqué deux buts et en a fait marquer deux
à moi et à Roland. Vous imaginez alors quelle a été notre peine quand il est
mort dans un stupide accident de la route."
YVES MULLER ET JACQUES
GEORGES
Un des plaisirs, c'est un
privilège d'une certaine manière, de Hubert c'est que le foot lui a permis de
connaître beaucoup d'hommes de qualité qu'il n'aurait sans doute pas connu
ailleurs. Il voudrait citer tout le monde, Roby Meyer, Beppo Brehm, Charlot
Feuerbach, les chers disparus.
«Parmi les dirigeants je
pense souvent à Yves Muller, quand il était patron des équipes d'Alsace, c'est
quelqu'un d'exceptionnel et de charmant, sur lequel on peut compter. Jacques
Georges, l'ancien patron de l'UEFA, toujours prêt à faire plaisir, c'est aussi
un principe de M. Stahl.»
Pour réussir comme Hubert
Hausser, dans le sport comme dans la vie professionnelle, cela suppose quoi en
définitive:
« Cela suppose pas mal de
sacrifices, c'est vrai. Mes filles m'ont souvent reproché d'être un père
fantôme. Entre le football et la profession, j'étais tellement occupé que je ne
les ai pas vu grandir. Je me rattrape maintenant avec mes petits-enfants. Dans
ce métier, et ce sera le mot de la fin, il n'y a pas de demi-mesure, il faut
s'accrocher et avoir des résultats. On ne peut

LE DOCTEUR GERARD KIENTZ
: LE "MILLIONNAIRE" DU BENEVOLAT
par Jean
ANDRÉ
En octobre 2000 cela faisait
exactement 40 ans que le Dr Gérard Kientz est entré aux Pierrots... Par la
petite porte du stade Vauban, où évoluaient alors les athlètes du club, en
particulier la section féminine, une des plus performantes de tout l'athlétisme
français. Alors on ne sait plus très bien si c'est à cause des "Pierrettes" ou
à cause du football que le toubib est venu, en tous les cas, depuis 1960, il
est un des membres très actifs et infatigables du club. Avant cela il était
médecin au Racing en compagnie du professeur Jean-Nicolas Muller, mais c'est en
1960 qu'il a ouvert son cabinet de généraliste à l'Esplanade, à deux pas du
stade.
APPELEZ-LE "SCHERRES"
Un sacré personnage Gérard,
qui mérite d'être connu. Quand on lui parle médecine ou orthopédie, sa
spécialité, il répond:
"Quand je suis venu à
l'Esplanade il y avait encore la petite forêt près des remparts, j'y allais
chaque année chercher des morilles. C'est dans le fossé qui entoure les
remparts que j'ai attrapé un des plus beaux brochets de ma carrière de pêcheur,
un mètre vingt de long."
La pêche c'est son dada
favori, il y va tous les jours, au canal tout proche du Rhin où chez lui à
Offendorf où son étang est régulièrement le rendez-vous de fameuses fêtes.
Offendorf c'est d'ailleurs son village et son premier club de foot, où il a
joué ailier droit. En rigolant il a ajouté:
"Depuis 40 ans je suis
président d'honneur du club. Si vous demandez le Dr Kientz, personne ne réagit.
Mais si vous demandez "Schérrès" ou le "Fischer", tout le monde vous répondra."
EN FAISANT LES CALCULS
Un drôle de paroissien le
toubib ; un dirigeant bénévole hors normes, comme on ne doit pas en trouver
beaucoup dans le sport français. C'est Claude Elsaesser le président général,
forcément soucieux de la santé financière du club, qui le dit:
"Le Dr Kientz ? Je vais vous
citer deux à trois chiffres et vous comprendrez. Il fait chaque année,
gratuitement, 300 visites médicales des joueurs ; multipliez ça par cent francs
minimum, et vous verrez que durant mes 25 années de présidence le toubib a fait
un joli cadeau au club. Si vous ajoutez les vaccinations et autres bricoles,
vous approchez
Et comme Gérard fait cela
depuis 40 ans, vous pouvez bientôt doubler ce chiffre!
Explication de l'intéressé,
qui rigole quand on lui avance ces chiffres :
"Je n'ai jamais demandé un
centime ni au foot ni en boxe dont je m'occupe également. Non! Vous me voyez
piquer cent balles à un gosse ou à ses parents? Et les dirigeants bénévoles ils
ont quoi, eux, qui véhiculent tous les dimanches les gamins avec leur voiture
personnelle et parfois leur essence. Je ne fais ni plus ni moins qu'eux. C'est
absolument normal que je m'investisse de cette manière."
L'AMITIE N'A PAS DE PRIX
Quand Emile Stahl lui fait
parfois remarquer avec humour qu'avec tout ce qu'il donne il aurait pu se
construire une villa sur la Côte d'Azur, il répond du tac au tac :
"Qu'est-ce que j'aurai de
plus à la fin de l'année. Faire fortune ? J'en ai vraiment rien à foutre. C'est
un réel plaisir pour moi de pouvoir le faire, et puis cela me permet d'avoir
beaucoup de copains et d'amis. Ce sont des choses qu'on ne peut pas acheter. Si
de toutes ces personnes que je rencontre de la sorte, il n'en reste que deux
sur cent, quand j'aurai 65 ans, faites le calcul du nombre d'amis que je me
suis fait. Et ça, ça n'a pas de prix."
Gérard fait la même chose
chez les boxeurs, du CP Strasbourg en particulier, il cultive d'ailleurs le
rapprochement des footballeurs et des boxeurs. Il rappelle:
"Quand à la réunion du jumelage Strasbourg-Leicester, le
Palais des Fêtes était plein à ras bord, Il y avait 70 footballeurs des
Pierrots dans la salle. Quelques-uns ont chialé, quand un solo de trompette a
interprété le « God save the queen » et la Marseillaise...!" Et ce solo était exécuté par notre toubib. Il est membre
fondateur du CPS d'ailleurs et Jacques Chevallier, l'infatigable président et
Lucien Fernandès, le "faramineux entraîneur" (sic), font partie de ses meilleurs amis.
HEUREUX D'AVOIR FAIT LEUR
DEVOIR
Quand il exerce sont art, sur
le banc de touche, le spectacle vaut les déplacements. Je me souviens d'un
grand match de coupe où Dominique Schmitt s'était fait ouvrir l'arcade
sourcilière sur plusieurs centimètres. Sans jubiler, les adversaires pensaient
être débarrassés d'un défenseur enquiquinant. Pensez-vous! Le toubib a sorti sa
boîte à outils, ses fils, ses aiguilles, il a nettoyé la plaie, posé plusieurs
points de suture à un Dominique grimaçant, mais solide, lui a collé un large
sparadrap et, cinq minutes après, le défenseur était de nouveau sur le terrain.
La même opération il l'a faite à Rolf Siefert et à Jean Wendling. Quand on le
félicite pour son sang-froid et son savoir-faire, il rit comme un gamin
espiègle qu'il est resté:
"C'est mon boulot, un point
c'est tout!"
Pourquoi rester 40 ans dans
un club, quel est le secret. Il s'étonne:
"Il n'y a pas de secret. Les
Pierrots c'est une grande famille sans histoire, où règne un esprit formidable,
à l'image d'Emile Stahl, dont la générosité est inimaginable. Ce que j'ai vécu
avec lui est indescriptible."
Beaucoup de personnes l'ont
marqué par leur dévouement et leur générosité : Yvon Hils, Roby Meyer et sa
Paulette, Robert Noël qui s'est occupé des jeunes durant 30 ans, Albert Klein,
Moebs et beaucoup d'autres qui ont servi le club avec humilité sans attendre de
récompense spéciale, heureux simplement d'avoir fait leur devoir envers notre
jeunesse.
ARSENE? J'AI JOUE CONTRE LUI
Si Gérard a beaucoup
d'admiration pour Emile Stahl, parce qu'il existe un climat de confiance entre
eux et un respect naturel, le patron ne tarit pas d'éloges et d'humour sur le
toubib:
"Gérard c'est un type
exceptionnel, jamais défaillant. On ne peut pas trouver mieux, il est toujours
là au bon moment, il ne nous a jamais déçus. Ce que j'admire aussi ce sont ses
très bons choix, ses affinités raffinées avec la "gentry" féminine!"
Hubert Hausser n'est pas
moins élogieux sur Gérard :
"...un médecin qui est devenu
un ami, disponible, fidèle, compétent dans ses diagnostics, qui viendrait même
à trois heures du matin, si c'était nécessaire. "
Arsène Wenger aussi a croisé
la route de Gérard, bien avant qu'il vienne jouer à l'ASP Vauban:
"J'ai joué contre lui quand
il était à science-po. Je dois dire que sa réussite ne m'étonne pas du tout.
C'est un gars merveilleux, honnête, poli, intelligent, qui s'entendait bien
avec tout le monde. Il est compétent techniquement, certes, mais c'est son mode
de vie, sa compréhension de la personne humaine, une qualité rare, qui est
certainement le moteur de sa réussite. "
AU PALAIS DU PRESIDENT AVEC
AHIPEAUD
Inévitablement, quand j'arrive à la fin de mon entretien avec le
Docteur Gérard, on évoque la mémoire de deux amis très chers au cœur de tous
les Pierrots, Paco Matéo et Beppo Brehm. Gérard est intarissable et
inconsolable.
"Beppo c'était la crème des
hommes, d'une immense générosité, et le meilleur pêcheur que j'ai jamais
rencontré. Avec lui j'ai fait son dernier voyage, une partie de pêche en Côte
d'Ivoire, le pays de Guillaume Ahipeaud, un ancien Pierrot, aujourd'hui haut
fonctionnaire ou ministre. Nous avons été reçus par le Président Houphouët
Boigny, en son palais, où Guillaume m'a remis une lettre adressée à Emile
Stahl: «Mon père spirituel, le seul être au monde qui a marqué ma vie». C'est
au retour que la maladie s'est déclarée qui a cloué Beppo sur son lit de
souffrance durant sept années!"
Ce qu'il dit moins Gérard,
c'est que durant sept ans il est allé trois fois par semaine voir son ami
Beppo, avec d'autres Pierrots, Rolf et Roland notamment pour la partie de
cartes du samedi.
UN TOUBIB DANS LA
RESTAURATION
Paco Matéo, il ne se passe pas un jour sans qu'il y
pense. C'est le regret de sa vie. Il est inconsolable quand il évoque les
faits.
"J'étais son médecin de
famille, dit-il. Le jour de sa mort il devait être chez moi, à l'étang à
Offendorf, je l'avais invité. Mais au dernier moment j'ai dû me rendre à Nancy,
je lui ai téléphoné pour remettre l'invitation. Il m'a répondu, ce n'est que
partie remise, j'irai à Rhinau. Et c'est sur la route de Rhinau qu'il a trouvé
la mort avec son adorable épouse. Il ne se passe pas une journée sans que je me
remémore cette dramatique issue d'un rendez-vous manqué."
Et la suite. Docteur Kientz,
après quarante années de présence, combien de temps va-t-il encore rester aux
Pierrots. Il a retrouvé son rire de gamin :
"Eh bien, jusqu'à ce que je
crève, pardon, jusqu'à ce que je quitte ce monde à mon enterrement. Mais
j'espère tout de même partir le dernier de tous ceux qui m'entourent.."
Ancien patron du
«Wackehiesel», Gérard donne un coup de main au bar de la patinoire, à présent.
Pourquoi ce goût de la restauration?
"Parce que c'est un milieu
qui me plaît, cela me permet de rencontrer beaucoup de gens, de cultiver des
amitiés, bénévolement bien sûr. Cela fait partie de ma vie!"
Sacré toubib!
J.A.

PIERRE MARTIN :
REALISER UN TRAVAIL EN PROFONDEUR
par Gilbert WAGNER
"J'ai toujours dit que je terminerai dans le club où j'ai
débuté. Malheureusement, accaparé par mes activités professionnelles, il m'est
impossible de continuer à occuper le poste de président de la commission des
jeunes, ce qui ne m'empêche pas de rester à la disposition de Vauban."
N'étant plus assez
disponible, par conséquent, Roger Bruck a préféré se démettre de ses fonctions
à la demande de Claude Eisaesser, et les confier à son adjoint et secrétaire
Pierre Martin que l'assemblée générale du 26 septembre 2000 a confirmé dans son
nouveau rôle.
Donc, pas de vacance du
pouvoir au niveau de la relève. Pas de problème non plus d'adaptation, puisque
le successeur de Roger Bruck, Robert Noël et Robert Meyer est là depuis
quatorze années, comme dirigeant, tour à tour, chez les débutants, poussins,
benjamins, moins de quinze ans, moins de dix-sept et espoirs, toutes les
tranches d'âge traversées par son petit-fils Loïs qui l'avait d'ailleurs amené
du côté de la Porte de Kehl.
C'est sans doute parce qu'il
fut à bonne école que, dans sa déclaration de politique générale, Pierre Martin
qui avoue avoir été frappé par le grand nombre d'anciens Pierrots évoluant dans
d'autres clubs et qu'on n'a pas pu ou su retenir, aimerait réaliser un travail
en profondeur en particulier avec l'école de foot, espérant voir, dès la
prochaine saison, des benjamins actuels tenir une bonne place dans le groupe
des moins de treize ans.
MATIERE A REUSSIR...
"Il y a, avec plus de 120 jeunes sur les trois groupes de
débutants, poussins et benjamins, matière à réussir en investissant en matériel
mais surtout en formateurs compétents. Evidemment, je suivrai avec beaucoup
d'attention les grandes équipes car, en moins de quinze et de dix-sept, il y a
de la qualité qui ne demande qu'à s'épanouir. Ayant la chance d'être à la tête
d'un comité très soudé, efficace, où la bonne entente est de mise, je souhaite
conserver d'excellentes relations à l'intérieur du club avec les autres
sections, et à l'extérieur avec la LAFA et les autres clubs. Enfin, je ne ferai
aucune promesse sachant qu'elle ne pourra être tenue et je m'engage à ne pas
rester vingt ans à la présidence. "
Comme on peut le constater, le nouveau patron des jeunes
ne manque pas d'humour. Il est vrai qu'il est né un 1er avril.
"Eh oui ! je suis né le 1er avril 1933 dans un petit
village de la Haute-Marne où j'ai vécu heureux jusqu'à l'adolescence et où j'ai
découvert le foot grâce à un vieil instituteur du bourg voisin. Je faisais
treize kilomètres à vélo avec des copains pour participer au championnat
départemental. J'ai joué gardien de but jusqu'en P. H. Militaire à Strasbourg,
au 152e RI, j'y ai croisé notamment Max Hild et Roger Greiling et, m'y étant
marié, j'y suis
Lorsqu'on saura qu'en dehors
de Vauban, comme Candide, il cultive son jardin, joue au tarot deux après-midi
par semaine avec d'autres retraités et a encore trois petits-enfants à la
maison, on admettra volontiers qu'il n'a guère le temps de s'ennuyer.
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