Le coup de mou
Plutôt bien dans son foot en début de
match, le Racing a franchement baissé de pied, laissé s’envoler son avance et
souffert pour préserver un nul face à Vauban. Ce n’est pas franchement
inquiétant. Ce n’est pas non plus vraiment rassurant.
Cela doit être ça, la
différence entre des pros capables de faire pencher des petits détails en leur
faveur et une jeunesse inexpérimentée en pleine préparation intense visiblement
délicate à encaisser.
Le Racing a joué aux Janus, hier, plutôt
séduisant et efficace dans un premier temps, fort brouillon et poussif dans les
derniers instants de l’agréable match amical disputé à Mothern.
Sous le maillot bleu, les joueurs ont
bien fait le métier puis perdu les pédales. Ce n’était pas les mêmes.
Keller: «Les gamins se sont retrouvés avec des sacs à dos remplis de
pierre»
Le problème, c’est que l’équipe de la
seconde mi-temps a plus de chance de vivre sa saison au Racing, quand celle de
la première attend que la porte s’entrouvre pour une carrière sous d’autres
cieux: Donzelot, Tchato,
Othon, Genghini, Brahmi, Ledy
ont le désir de conserver un statut pro qu’ils n’auront pas en Alsace.
En attendant, ils ont plutôt bien fait
le travail profitant de la largeur du terrain pour dominer leurs adversaires,
ouvrir la marque sur une soudaine frappe du gauche de Benchenane
(25 e) qui a profité d’une remise de Ledy et même
doubler la mise.
Quand Genghini
a enfoncé le clou sur un tir dévié à la trajectoire lobée (33 e), l’affaire a
paru entendue. «On a vu une différence de maîtrise, a
constaté François Keller. Il y en a qui peuvent gérer la rencontre, d’autres
qui ont terminé dans le rouge. Le terrain était plus propre aux duels que celui
de Riquewihr. Et face à des adultes, les gamins se sont retrouvés avec des sacs
à dos remplis de pierres.»
Ils ont donc subi. Au passage, les
acteurs du premier acte ne leur avait laissé qu’un but
d’avance, Fuchs auteur du centre et Rubio de la tête,
profitant de l’essoufflement du Racing juste avant la pause.
«Pacho Donzelot m’a dit qu’il avait terminé la mi-temps carbonisé,
sourit François Keller. C’est plutôt bon signe par rapport au travail réalisé.»
Sa jeune troupe a enchaîné trois entraînements
quotidiens depuis le début de semaine. Cela s’est vu lorsqu’elle a franchement
tiré la langue et a été contraint d’organiser la résistance face aux assauts
des Pierrots.
«On est obligés d’y aller étape par étape avec ces jeunes joueurs»
Deux tirs de N’Sangu
(53 e et 56 e), une double tentative de Chakrouni et deRubio, bloquée par N’Tima (63
e) ont pu faire croire à une issue heureuse plutôt imméritée. Une magnifique
frappe de Clauss a rétabli la parité (67 e).
Au final, le nul n’a même pas paru une
mauvaise opération. «Une défaite, ça aurait fait chier, conclut l’entraîneur du
Racing. On est obligé d’y aller étape par étape avec ces jeunes joueurs.
C’était bien face à Mulhouse (ndlr : samedi). Aujourd’hui, c’était plus
difficile».
Les jeunes Strasbourgeois seront en
appel face à Linx, samedi, à Eschbach.